Arthur Smet

 
Arthur Smet est né à Valenciennes en 1932 dans une famille de sept frères et soeurs où le père était mineur. 
 
Engagé volontaire en 1953 au 1er RI (Régiment d’infanterie) à Donaueschingen (dans le Bade-Wurtemberg, en RFA), le sergent Arthur Smet est ensuite incorporé dans la 2e compagnie du 8e RIM (Régiment d’infanterie motorisée) nouvellement formé en Allemagne.
 
Arthur Smet au festival de la photographie de Dax
 
 
Il est venu à la photographie par un heureux hasard. Il raconte : « Un jour, le colonel m’a envoyé chanter pour une réception au château du prince de Furstenberg. Quinze jours après, le prince m’a fait porter deux cadeaux, au choix : des patins à glace ou un appareil photo. Un Voigländer. Je n’avais même pas d’argent pour les films, j’envoyais toute ma solde à la maison. Le vaguemestre m’a acheté mon premier film. Douze vues 6x6. J’ai commencé à faire les photos des copains. »
 
En 1955, il part en Algérie. En janvier 1959, alors que sa compagnie cantonne dans les environs de Saïda, Arthur Smet rencontre un homme qui changera sa vie : le colonel Marcel Bigeard. Le 25 janvier 1959, « Bruno », qui tient ce surnom de son indicatif radio, vient de recevoir le commandement du secteur opérationnel de Saïda et regrette l’absence de son photographe, Marc Flament, qui ne le rejoindra que le 18 février. Arthur Smet le remplace momentanément et couvre la tournée du colonel Bigeard à la Compagnie agricole oranaise (CAO). Son travail, remis en un temps record, fait mouche.
Dès lors, sa pratique photographique connaît un nouveau souffle et se professionnalise, en partie grâce à l’aide de Marc Flament et avec l’appui des autorités militaires qui lui donnent les moyens d’exercer son talent sans contrainte. Dans le sillage de « Marc », Arthur Smet devient l’une des chevilles ouvrières de l’action psychologique « à la Bigeard » en assurant la couverture photographique du secteur de Saïda pour la réalisation des halls d’informations.
 
Ces grands murs d’images, disposés stratégiquement afin d’être visibles de tous dans les lieux publics, sont accompagnés de slogans promouvant les actions sanitaires et sociales de la France auprès des Algériens, la vie quotidienne citoyenne, militaire et politique, et enfin, les succès d’armes des commandos de chasse Georges et Cobra, nouvellement créés dans ce secteur opérationnel.
 
À l’exception d’un séjour dans le Constantinois durant l’automne 1960, les photographies d’Arthur Smet ont pour décor la région de Saïda, le Sud Oranais et Oran. Plusieurs de ses clichés sont publiés à l’époque dans les journaux locaux tels l’Écho d’Oran ou encore l’Écho de Saïda. En 1961, Arthur Smet est affecté au 2e Zouave et rejoint Oran pour devenir chef du service photo presse du corps d’armée. Dans ce nouvel emploi, il reçoit l’assistance de deux appelés du contingent, Jean-Marie Pillu dit Périer (célèbre photographe de la revue Salut les copains) et Jean Distinghin, photographe et acteur dans le civil.
 
En 1963, Arthur Smet quitte définitivement l’Algérie au terme d’un séjour de huit années.
 
A son retour en France, « le gars Arthur » également surnommé « 5/5 » devient photographe de l’ALAT, est muté à Dax en juin 1964 où il sert comme adjudant-chef jusqu’en 1978. Arthur Smet vit à Saint-Paul-lès-Dax dans une maison baptisée « Saïda ». Il présente aujourd’hui pour la première fois à Dax quelques unes des 14 700 images prises durant le conflit qui révèlent le regard sensible d’un homme engagé dans la tourmente de la guerre et qui donnent un visage aux anonymes de conflit : soldats, femmes, enfants.